l'expertise pratique en rhumatologie

La distribution des fractures chez l’homme est bimodale. Un premier pic de fréquence est observé chez l’adolescent et l’adulte jeune et s’explique par une plus grande fréquence de traumatismes à haute cinétique à cet âge (accidents de la voie publique, de sport, de travail) (1). Un second pic de fréquence concerne les adultes âgés de plus de 70 ans et correspond à l’augmentation des fractures os téoporotiques. La hausse exponentielle de l’incidence des fractures ostéoporotiques chez l’homme âgé survient 10 années plus tard que chez la femme. Entre 20 à 25 % des fractures ostéoporotiques cliniques surviennent chez l’homme. Après 50 ans, un homme a une probabilité d’environ 20 % d’avoir une fracture ostéoporotique avant la fin de sa vie. Même si, dans la plupart des pays européens, l’incidence des fractures, notamment des fractures de l’extrémité supérieure du fémur, tend à se stabiliser, voire à diminuer ces 15 dernières années, le nombre absolu croît par augmentation du nombre des sujets âgés. Ainsi en France, le nombre d’hospitalisations pour fractures de l’extrémité supérieure du fémur de l’homme a augmenté de 35 % de 2002 à 2013 (2). Malgré les conséquences de ces fractures, l’ostéoporose reste insuffisamment prise en charge ; ainsi, on peut rappeler ces données de la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés : parmi les 155 810 patients de plus de 50 ans, hommes et femmes confondus, hospitalisés pour fracture en France en 2012, seuls 5 % ont eu une os téodensitométrie dans l’année suivant la fracture, 15 % un traitement anti-ostéoporotique spécifique et 50 % une supplémentation en calcium et/ou vitamine D.

Quelles sont les conséquences des fractures ostéoporotiques ?

L’excès de mortalité

Comme chez la femme, un excès de mortalité est décrit chez l’homme après fracture ostéoporotique vertébrale, fracture de hanche et après les autres fractures ostéoporotiques majeures (bassin, fémur distal, humérus proximal) (3, 4). L’excès de mortalité après fracture est important dans les 3 premiers mois, mais perdure au cours des 5 premières années et même à 10 ans après une fracture de hanche. Un tiers des hommes décèdent dans l’année qui suit une fracture de l’extrémité supérieure du fémur. La mortalité à 1 an augmente avec l’âge et est trois fois supérieure à la mortalité observée dans la même tranche d’âge en l’absence de fracture. Les déterminants de cet excès de mortalité et le poids de chacun d’eux restent débattus, englobant la décompensation des maladies sous-jacentes (insuffisance cardiaque, respiratoire ou rénale, troubles cognitifs), les complications de l’hospitalisation et de la chirurgie (escarres, infection, thrombose veineuse, accident artériel) et le retard de prise en charge des fractures.

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