Œil et rhumatismes inflammatoires chroniques

La polyarthrite rhumatoïde (PR) et la spondyloarthrite (SpA) peuvent s’accompagner de complications ophtalmologiques potentiellement sévères. La SpA est fréquemment associée aux uvéites antérieures, alors que la PR s’associe à des complications ophtalmologiques variées telles que le syndrome sec, les kératites ulcérantes périphériques, les sclérites et les épisclérites. Dans cette revue nous détaillerons les complications associées à la PR, celles à la SpA et nous aborderons le problème des complications ophtalmologiques liées à l’utilisation des glucocorticoïdes au long cours et des antipa ludéens de synthèse.

Complications ophtalmologiques de la polyarthrite rhumatoïde

Les complications oculaires de la PR affectent préférentiellement le segment antérieur de l’œil plutôt que son segment postérieur. Les pathologies du segment antérieur comprennent le syndrome sec, la kératite ulcérative périphérique, l’épisclérite et la sclérite antérieure. Les pathologies du segment postérieur sont plus rares et comprennent les sclérites postérieures et rarement les vascularites rétiniennes.

Le syndrome sec

La plus fréquente des manifestations ophtalmologiques de la PR est le syndrome sec en rapport avec un syndrome de Gougerot-Sjögren secondaire qui touche jusqu’à 45 % des PR (1). Le syndrome sec abouti à un inconfort oculaire, des troubles de la vision, une instabilité du film lacrymal avec risque de lésions oculaires à type de kératite ponctuée superficielle, de kératite filamenteuse, voire d’ulcères cornéens avec risque de perforation. Ces lésions sont favorisées par le cercle vicieux entraîné par l’hyperosmolarité et l’inflammation chronique augmentant les frictions oculaires. Ces patients ont une altération de leur qualité de vie se plaignant de prurit, de brûlures, de sensation de corps étranger, de photophobie, de vision brouillée intermittente, les gênant dans leurs activités quotidiennes, notamment la lecture, la conduite de véhicule, l’utilisation des écrans avec une diminution de l’efficacité au travail (2). Ces symptômes participent à l’altération de la qualité de vie et augmentent les scores d’anxiété (3).
Les facteurs de risque de syndrome sec sont :
- l’âge,
- le sexe féminin,
- l’hypoandrogénie,
- la prise d’œstrogènes,
- le déséquilibre des apports en acides gras de type oméga-3 et oméga-6
- et la prise d’antidépresseurs (2).
Le gold standard pour porter le diagnostic de syndrome sec oculaire est le test de Schirmer par la lecture des bandelettes après 5 minutes d’application dans le cul-de-sac conjonctival avec pour cut-off 5,5 mm (4).

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