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JNR 2018 – Controverses en rhumatologie – Alimentation et prévention de la polyarthrite rhumatoïde

Les données concernant l’alimentation dans la polyarthrite rhumatoïde font l’objet de polémiques depuis de nombreuses années. Celles-ci sont probablement secondaires au fait que les données sur l’alimentation sont surtout des données observationnelles. Néanmoins, des essais interventionnels ont été rapportés. Nous allons envisager dans un premier temps l’effet de l’alimentation sur la survenue d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) et dans un second temps l’effet de l’alimentation en cas de PR avérée.

Alimentation et survenue de polyarthrite rhumatoïde

Beaucoup de données sur l’alimentation dans la survenue d’une polyarthrite rhumatoïde sont issues des cohortes de la Nurse Health Study. Deux cohortes ont été instituées : la première a inclus 23 245 infirmières âgées de 30 à 55 ans suivies de 1980 à 2008, la seconde a inclus 91 339 infirmières âgées de 25 à 42 ans suivies de 1991 à 2009. 913 infirmières ont développé une PR (suivi de 3 511 050 patients années).

Place du régime méditerranéen

Ces deux cohortes ont permis de rechercher l’intérêt potentiel du régime méditerranéen qui a été évalué à l’aide de questionnaire (questionnaire permettant de grader la qualité du régime méditerranéen de 0 à 9). Il n’a pas été retrouvé dans ces cohortes d’effet protecteur du régime méditerranéen sur la survenue d’une PR qu’il s’agisse des PR séronégatives ou séropositives (1). Une étude cas témoin réalisée en Suède n’a pas montré non plus un effet protecteur (2). Ainsi, dans sa revue de la littérature, Forsyth considère que le régime méditerranéen ne doit pas être proposé pour la prévention de la PR chez les sujets à risque (3).
Toutefois, ces résultats doivent être tempérés par l’étude de Di Giuseppe qui a montré un effet protecteur du régime méditerranéen avec un effet dose, mais uniquement chez les hommes, ce qui pourrait expliquer les résultats négatifs observés dans les cohortes de la NHS (4). Dans cette étude, 1 726 cas de polyarthrite rhumatoïde incidente ont été appariés sur l’âge, le genre et le lieu de résidence à 3 683 sujets contrôle. La diminution du risque de PR chez les patients ayant un score de régime méditerranéen à 3 est de 35 %, de 38 % chez ceux ayant un score entre 4 et 6 et de 51 % chez ceux ayant un score de 6 à 9. La diminution du risque est uniquement observée chez les PR anti-CCP positive.

Place des recommandations alimentaires européennes

À l’inverse du régime méditerranéen, il a été montré dans la cohorte de la NHS qu’une alimentation de qualité répondant aux recommandations américaines (consommation de fruits, de légumes, de céréales complètes, de fruits à coque et d’une consommation modérée d’alcool), contrairement à une alimentation responsable des maladies chroniques (boissons sucrées, viande rouge, acides gras saturés, consommation élevée de sel), permettait de réduire le risque de survenue d’une PR (5).
Durant un suivi de 3 678 104 patients années, 1 007 cas de PR sont survenus. Une alimentation de qualité a été associée à une diminution de 33 % du risque de PR chez les patientes âgées de moins de 55 ans, l’association étant la plus forte pour les PR séropositives (5).

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