l'expertise pratique en rhumatologie
 

Fibromyalgie et alimentation : Quels conseils donner aux patients et aux médecins ?

> Les patients fibromyalgiques modifient leur alimentation (1/3) et prennent souvent des compléments alimentaires (2/3).
> Les habitudes alimentaires peuvent fondamentalement affecter l’évolution clinique de la fibromyalgie.
> La fibromyalgie est associée au surpoids, à l’obésité et à des troubles du comportement alimentaire.
> La prise en charge nutritionnelle doit être précoce dans la fibromyalgie (intérêt de la perte de poids bénéfique).
> Le rationnel des modifications de l’alimentation dans la FM repose sur certains aspects de la pathogénie.
> Il paraît difficile d’attribuer une causalité à un seul macro ou micronutriment (minéraux, oligoéléments, acides aminés, vitamines) et d’obtenir une amélioration globale de la fibromyalgie par sa supplémentation (ou son éviction).
> La douleur et le retentissement fonctionnel chez les patients fibromyalgiques semblent s’améliorer avec un régime hypocalorique, vegan ou pauvre en FODMAPs.
> Le régime sans gluten peut parfois être bénéfique en cas de fibromyalgie, mais ne doit pas être généralisé à tous les patients fibromyalgiques (107).
> La prescription de probiotiques peut se discuter dans la fibromyalgie en cas de signes gastro-
intestinaux (syndrome du côlon irritable).
> Les études sur les interventions nutritionnelles dans la fibromyalgie sont rares et de qualité médiocre, ne permettant pas de tirer des conclusions définitives, parfois controversées, parfois prometteuses.
> Le patient fibromyalgique doit se faire aider d’une diététicienne pour faire le point sur son alimentation.
> Le médecin doit interroger systématiquement les patients sur leurs habitudes alimentaires, respecter leurs croyances et sortir de sa position de sachant.

Introduction

La fibromyalgie (FM) est un syndrome caractérisé par des douleurs chroniques diffuses, en particulier musculosquelettiques avec ou sans raideur, multisites, de la fatigue, des troubles du sommeil (sommeil non récupérateur) (1), associés à de nombreux symptômes pouvant affecter tous les tissus et des comorbidités anxio­dépressives et cognitives (2,3), présents depuis au moins 3 mois (4-6).
Elle peut survenir de façon isolée ou de façon concomitante, associée à des pathologies sous-
tendues par une pathogénie similaire (syndrome du côlon irritable [7-9], migraine [10]), ou encore comme une comorbidité chez des patients souffrant de maladies caractérisées par une atteinte périphérique et/ou inflammatoire (rhumatismes inflammatoires, dégénératifs) (11).
En France, la prévalence de la FM est de 1,6 %, touchant 7 à 10 fois plus les femmes que les hommes (4). C’est la pathologie douloureuse chronique primaire la plus fréquente (12), classée comme nociplastique dans la onzième version de la Classification internationale des maladies (13) correspondant à des douleurs sans lésion, mais en rapport avec un défaut de modulation de la douleur (14).
C’est une maladie chronique déroutante pour le médecin (absence de définition et de biomarqueur, symptômes somatiques multiples sans profil psychiatrique précis) (15,16), invalidante pour le patient dont la qualité de vie est altérée (incapacité fonctionnelle interférant avec les activités du quotidien et la participation dans les rôles sociaux) (17). Malgré des critères diagnostiques établis en 2010 et 2016 (4), le diagnostic de FM reste sous ou sur-estimé, voire méconnu (18).
Si les dernières recommandations Eular 2017 (19) pour la prise en charge de la FM soulignent l’importance d’une approche multimodale, combinant des interventions pharmacologiques (20) et non pharmacologiques (21), ces dernières ne mentionnent pas les interventions nutritionnelles parmi les médecines alternatives et complémentaires (22) pourtant largement utilisées par les patients (23), mais souvent exclues des recommandations (24), des revues systématiques, des méta-analyses (25-28), et des revues générales (29, 30) en dehors des revues de Cassisi et al. (31), d’Aman et al. (32) et de Sanada et al. (21).
Plusieurs études ont démontré l’importance d’une alimentation optimale pour le bien-être de la population (33). Deux revues récentes ont mis en exergue l’importance de la nutrition dans l’approche multidisciplinaire de la FM (34, 35), et ce, d’autant que le traitement pharmacologique est loin de résoudre tous les problèmes (36, 37).
Si les habitudes alimentaires, notamment chez les femmes souffrant de FM, peuvent fondamentalement affecter l’évolution clinique de la maladie (38, 39), il semble difficile d’associer la FM à un déséquilibre spécifique de l’alimentation ou une altération du métabolisme (40).

La lecture de ce dossier est réservée aux abonnés.

Découvrez nos offres d'abonnement

Abonnez-vous à la revue et accédez à tous les contenus du site !

  • Tous les contenus de la revue en illimité
  • Les numéros papier sur l'année
  • Les newsletters mensuelles
  • Les archives numériques en ligne

ou

Achetez ce dossier

Ajoutez ce dossier à votre panier, procédez au paiement et retrouvez-le dans votre espace.

ou

Inscrivez-vous gratuitement sur Rhumatos.fr et bénéficiez de l'accès à une sélection d'articles !

  • Les actualités spécialisées, dédiées aux professionnels de santé
  • Les newsletters mensuelles