Faut-il avoir peur des complications digestives du sécukinumab ? – Point sur les données actuelles

Si l’arrivée d’un nouveau biomédicament dans les spondyloarthrites était indiscutablement un événement attendu par les rhumatologues, le surprenant effet paradoxal observé avec le sécukinumab dans la maladie de Crohn soulève des questions et inquiète légitimement le rhumatologue. Il est donc important de revenir sur les données dont nous disposons.

 

Spondyloarthrites, psoriasis et MICI : des parentés phénotypiques, génétiques et physiopathologiques

Les parentés cliniques entre ces trois pathologies sont évidentes d’un point de vue clinique, comme en témoignent leurs fréquentes associations chez un même patient (Fig. 1) (1-3). De nombreux facteurs génétiques sont également partagés par ces trois groupes de maladies, notamment un polymorphisme du récepteur de l’IL-23 (4-6). Compte tenu du rôle de l’IL-23 dans l’activation des cellules productrices d’IL-17 (7), il n’est pas surprenant de retrouver l’IL-17 au cœur de la physiopathologie de ces différentes maladies.

 

Figure 1 – Parentés phénotypiques entre spondyloarthrites, psoriasis et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

L’IL-17, cytokine clé dans la physiopathologie des spondyloarthrites, du psoriasis et des MICI

L’axe IL-23 IL-17 a un rôle majeur dans la physiopathologie du psoriasis, expliquant les résultats spectaculaires obtenus par le blocage de ces deux cytokines dans le traitement de la maladie (8). Les lymphocytes Th17 sont très représentés dans l’infiltrat inflammatoire cutané au cours de la maladie, et l’IL-17 a un rôle majeur dans l’induction de la prolifération des kératinocytes et dans l’élaboration de peptides antimicrobiens par ces cellules. Un infiltrat Th17 est également retrouvé dans le tissu et le liquide synovial au cours du rhumatisme psoriasique, et il a été montré que l’IL-17 active les ostéoclastes et est impliqué dans la résorption osseuse, responsable à la fois des destructions osseuses articulaires et de la perte osseuse observée au cours des spondyloarthrites (9,10).  L’IL-17 est également un acteur majeur de la réaction inflammatoire au niveau de la muqueuse intestinale. Cependant, l’implication de cette cytokine est manifestement plus complexe à ce niveau. Si l’IL-17 intervient indiscutablement dans l’inflammation de la muqueuse intestinale au cours de la maladie de Crohn, elle intervient également de façon physiologique dans le contrôle du microbiote. L’IL-17 est produite en réponse à l’activation des cellules lymphocytaires résidantes de l’intestin par des motifs bactériens émis par le microbiote, et en retour cette cytokine stimule la production de peptides antimicrobiens (notamment la calprotectine) par les entérocytes, et induit l’expression de protéines de jonction serrée (tight junction) qui assurent l’imperméabilité de la muqueuse (11,12). Il est vraisemblable qu’un équilibre existe entre inflammation a minima et contrôle de l’équilibre avec le microbiote, et plus particulièrement avec les fungi (Fig. 2a).

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