Spécial 15 ans – Maladies osseuses métaboliques

Ce qui a changé en 15 ans

« L’os sécrète des molécules qui agissent sur d’autres organes »

Le XXIe siècle a fait passer le tissu osseux d’un cadre strictement cantonné au métabolisme phosphocalcique, régi essentiellement par la parathormone, la vitamine D et les hormones stéroïdiennes sexuelles, à celui d’un organe endocrine hautement intégré dans les grandes fonctions vitales des mammifères. Ces fonctions incluent, outre la locomotion, le métabolisme énergétique, la réponse au stress aigu (1), la reproduction (2), l’hématopoïèse et certaines fonctions cognitives, faisant du squelette une structure magnifiquement optimisée au cours de l’évolution (3)… mais non programmée pour vieillir !

Les ostéokines

Il apparaît clairement aujourd’hui que la signalisation de l’insuline dans les ostéoblastes, qui sont maintenant reconnus comme de gros consommateurs de glucose, impacte l’homéostasie du glucose dans l’organisme entier, par le biais de la sécrétion de l’ostéocalcine (4) et de ses effets stimulateurs sur les îlots bêta-pancréatiques et sur la sensibilité à l’insuline des tissus périphériques incluant les adipocytes.
Chez l’Homme, il est possible que les concentrations d’ostéocalcine sérique puissent prédire le risque de développer un diabète de type 2 (5), mais les données sont encore insuffisantes pour intégrer ce dosage dans une stratégie clinique de prévention. Une autre ostéokine, la lipocaline 2, principalement, mais pas exclusivement synthétisée par les ostéoblastes, est capable de réduire l’appétit par son action hypothalamique, à la fois chez les souris et les humains (6).
Une vision globale des boucles de régulation existant entre os et métabolisme énergétique ou plus généralement entre os et état nutritionnel (incluant le gras et les acides aminés) reste à construire, ce qui nous permettrait d’en apprécier le potentiel impact thérapeutique sur les maladies osseuses. Il s’agit d’une tâche difficile compte tenu de la complexité du réseau des acteurs impliqués (7), sachant que la plupart des hormones digestives exercent des effets divers directs ou indirects sur le tissu osseux et que le microbiote est l’un des acteurs majeurs de ces interactions (8).

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