l'expertise pratique en rhumatologie
 

Polyarthrite rhumatoïde : que reste-t-il des manifestations extra-articulaires ?

Dans un précédent numéro de Rhumatos (1), nous avions évoqué la diminution de la sévérité actuelle de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Nous posions alors la question de l’impact réel de notre arsenal thérapeutique moderne, tant cette évolution semble avoir débuté bien avant son apparition. Cette diminution de la sévérité se définit, certes par une moindre atteinte articulaire, mais également par une diminution de certaines manifestations extra-articulaires extrêmement morbides. L’épidémiologie des atteintes extra-articulaires s’est effectivement modifiée. Les manifestations classiques d’il y a 20 ans, que sont les manifestations pleurales, cardiologiques, la vascularite rhumatoïde et le syndrome de Felty sont devenues de plus en plus rares (2, 3). Au contraire, certaines atteintes, comme la localisation pulmonaire, sont de plus en plus étudiées (4, 5), et d’autres ont évolué comme les manifestations cardiovasculaires, où prédomine désormais l’athérome accéléré (6). Nous envisageons dans cette mise au point de faire un état des lieux des manifestations extra-articulaires actuelles dans la PR. Nous n’aborderons pas certaines complications directes de la PR, comme l’amylose AA, qui est par ailleurs devenue rarissime (7).

Atteinte des voies aériennes

Atteinte des voies aériennes supérieures

L’atteinte des voies aériennes supérieures (VAS) peut se présenter sous de multiples formes : de l’arthrite crico-aryténoïdienne à l’oedème des muqueuses, en passant par les nodules « bambous ».
Dans une étude datant de plus de 30 ans, 45 patients atteints de PR bénéficiaient d’une évaluation systématique des VAS. Les patients rapportaient une dysphonie dans 44 % des cas et des douleurs pharyngées dans 49 %. La prévalence des atteintes laryngées par laryngoscopie indirecte atteignait 52 % des patients, avec un oedème ou un érythème de la corde vocale dans 32 % des cas et des lésions focales comme des nodules « bambous » dans 16 % des cas (8).
Dans une étude brésilienne publiée en 2013 évaluant 47 patients atteints de PR, la prévalence de la dysphonie était de 12,8 % et celle d’anomalies à la vidéolaryngoscopie de 72,4 %. Le diagnostic le plus fréquent était la laryngite postérieure (9). L’atteinte des VAS peut être, dans de rares cas, l’unique manifestation de la PR (10).
Néanmoins, nous ne disposons que de peu d’études récentes pour avoir une vision claire de l’épidémiologie de ces atteintes des VAS.

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