l'expertise pratique en rhumatologie

Cette session a été présentée par les Pr Christophe Deligny, Dr Marie-Élise Truchetet (Bordeaux), Dr Divi Cornec (Brest) et Dr Thibault Rabin (Amiens).

Lupus systémique

La session a commencé par une communication sur le lupus systémique chez les patients originaires d’Afrique noire. C’est une situation que ne peuvent pas ignorer les rhumatologues, les populations noires issues des Antilles et d’Afrique noire étant de plus en plus importantes en France métropolitaine. Dans ces populations, le lupus est la première cause de polyarthrite devant la polyarthrite rhumatoïde. On apprend aussi la fréquence de l’atteinte rénale lupique, touchant plus de la moitié des patients d’origine africaine, principalement proliférative (3/4). Ces formes graves, moins souvent retrouvées chez les Européens de souche, amènent dans beaucoup de pays où vivent ces populations à une mortalité importante. C’est d’autant plus vrai pour ceux qui cumulent de nombreux facteurs de mauvais pronostic comme l’hypertension artérielle, un moindre accès à des médecins spécialisés et aux médicaments les plus efficaces, un moins bon niveau socio-économique, tous facteurs pourtant réversibles ou modifiables par un accès aux soins gratuit et idéalement à des centres de référence comme cela existe en France ou au Canada.

En Martinique, la mortalité s’est effondrée ces dernières décennies, s’établissant à moins de 3 % à 5 ans chez les patients atteints de néphropathie proliférative, mettant en avant l’importance de l’accès aux soins dans ces populations. Avoir amélioré la rapidité du diagnostic et du traitement aux Antilles a permis non seulement de diminuer la mortalité, mais aussi de se rendre compte de l’importance du problème de la compliance aux traitements. L’auteur de la communication recommande donc un suivi plus rapproché qu’on ne le fait usuellement en métropole pour les patients d’origine européenne, tous les 3 mois tant qu’il n’y a pas de rémission prolongée sur au moins 5 ans. Réduire l’intervalle permet de prendre en charge au plus vite une atteinte rénale, car ces atteintes sont non seulement plus prolifératives, mais aussi plus brutales évoluant plus vite et constamment vers l’insuffisance rénale terminale. La question du dépistage plus précoce de la maladie est donc une thématique fondamentale pour débuter au plus vite un traitement car, même si elles peuvent survenir plus de 20 ans après le début de la maladie lupique, elles sont majoritairement présentes dans les trois premières années. Pour en diminuer la morbi-mortalité, le centre de référence de Martinique a pris le parti depuis plus de 20 ans de faire des consultations transversales sur les modes d’entrée les plus fréquents du lupus : sérites, maladie vasculaire placentaire, syndrome sec principalement.

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