l'expertise pratique en rhumatologie

JNR 2017 – Biosimilaires et impact économique

Impact économique et switch en pratique – D’après un symposium Biogen

Exemple d’impact économique d’un biosimilaire hospitalier

D’après la communication d’Arnaud Bresson (responsable de l’accès aux marchés, laboratoire Biogen)

En juin 2017, ce sont près de 30 molécules qui bénéficient de formes biosimilaires en France, dont un certain nombre dans le domaine rhumatologique. Une vingtaine de molécules sont actuellement en cours d’examen à l’EMEA, soit une cinquantaine de molécules prochainement disponibles. Les enjeux économiques sont considérables : la mise en place d’un biosimilaire s’accompagne d’une baisse de prix du produit d’origine, volontaire ou imposée ; de plus, il existe une différence de prix entre le biosimilaire et le médicament princeps, soit une économie plus ou moins importante en fonction de la pénétration du biosimilaire sur le marché. Les économies réalisées par la mise à disposition des biosimilaires sur le marché étaient estimées, en Europe, entre 2007 et 2020, entre 12 et 33 milliards d’euros. Si, à brève échéance, 50 molécules devaient être disponibles, ceci représenterait un potentiel d’économie colossal. La mise sur le marché des biosimilaires en France représente, pour les prescriptions hospitalières, une économie d’un milliard d’euros, et autant pour les prescriptions en ville.
Il y a actuellement 3 types de prescriptions de biosimilaires, et donc 3 sortes de régulation : la première est faite à l’hôpital, avec un tarif de responsabilité fixé par les autorités de santé ; après appel d’offres, les hôpitaux ou les groupements d’achat choisissent “le mieux-disant”. Il existe un mécanisme de régulation pour les médicaments hospitaliers, l’EMI (écart médicament indemnisable) : 50 % de la différence entre le prix de remboursement et le prix négocié lors des appels d’offres est reversé à l’hôpital, ce qui constitue une très forte incitation à la recherche d’économies substantielles. Malgré ces différentes incitations, la France est particulièrement en retard pour l’introduction des biosimilaires, en raison de la décision de l’ANSM, jusqu’en 2016, de réserver ces produits aux patients naïfs ; les modifications ultérieures de la loi ont permis à la France de rattraper une partie de son retard.
Le deuxième type de prescription concerne les biosimilaires prescrits en ville ; lorsque le médicament d’origine perd son brevet, les autorités imposent une baisse de 15 % du prix du médicament d’origine, et lors de la commercialisation du biosimilaire, demandent que le prix de celui-ci soit inférieur de 30 % à ce prix, soit un écart final entre le prix d’origine du médicament et le biosimilaire de 17 %. Malgré cette différence de prix, il n’existe aucune incitation pour le médecin à prescrire le biosimilaire, et cette mesure ne fonctionne pas. Il a donc été décidé pour 2017 et les années suivantes, de prévoir une incitation financière pour le médecin prescripteur.
Le troisième type de prescription concerne les médicaments hospitaliers utilisés en ville. Ces produits sont soumis aux mêmes régulations autoritaires que la catégorie précédente. Cette fois encore, l’élargissement de la part de marché du biosimilaire n’est pas au rendez-vous. Pour le biosimilaire de l’étanercept, le taux de prescription en France sur les 6 derniers mois est de 2,7 %, et de 88 % sur la même période en Europe… La Suède et l’Allemagne ont des systèmes de santé proches du nôtre, et étaient confrontés aux mêmes défauts de pénétration des biosimilaires. Les deux pays ont mis au point des systèmes d’incitation et de révision des prix et avantages fournis, qui ont permis le développement plus rapide du taux de pénétration des biosimilaires sur le marché.
Actuellement, un certain nombre de réévaluations sont en cours. Une bonne incitation à la prescription d’un biosimilaire pourrait être le reversement d’une partie des économies réalisées au service prescripteur. Des campagnes de sensibilisation au prix des médicaments seront conduites dans différentes structures, auprès des médecins. Divers contrats tripartites d’amélioration de la qualité des soins, entre l’ARS, la CPAM et les hôpitaux, seront vraisemblablement renégociés en 2018.

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