Résumé
Cette année, l’actualité de l’arthrose à l’EULAR s’est démarquée par de nombreux essais cliniques. Les besoins de nouveaux traitements se font d’autant plus sentir qu’une méta-
analyse suggère à nouveau que le paracétamol présente des effets indésirables digestifs et cardio-vasculaires. Des résultats d’essais cliniques évaluant la prednisolone ou le méthotrexate dans l’arthrose digitale ont été présentés, et de nouvelles données sur l’effet symptomatique de la sprifermine consolident les espoirs autour de ce facteur de croissance dans la gonarthrose. Enfin, les résultats positifs d’une deuxième étude de phase III du tanezumab, anticorps anti-NGF, dans le traitement de la douleur associée à l’arthrose de hanche ou de genou ont été présentés.

Abstract
Osteoarthritis
Research on osteoarthritis (OA) is still dynamic, as indicated by numerous randomised controlled trials (RCTs) presented this year at EULAR. A new meta-analysis about the digestive and cardiovascular toxicity of paracetamol highlight the need for new treatments. RCTs of prednisolone or methotrexate in hand OA have been presented, and new data suggest that sprifermin, beyond its structural effects, may also relieve the symptoms of knee OA. Finally, the positive results of the second phase 3 RCT of tanezumab in knee/hip OA pain have been disclosed.

1. Le paracétamol, pas si inoffensif que cela !

De précédentes études avaient déjà tordu le cou à l’idée que le paracétamol était un médicament inoffensif. En effet, l’antalgique le plus prescrit s’accompagne très vraisemblablement d’effets gastro-intestinaux ou cardio-vasculaires loin d’être négligeables, à tel point que certains le considèrent comme un anti-inflammatoire « faible ». Néanmoins, les recommandations internationales le conseillent toujours comme antalgique de première ligne dans l’arthrose.
Ce travail de l’équipe de Nottingham, bien connue pour ses travaux dans le domaine, consistait en une méta-analyse des essais randomisés contrôlés dans l’arthrose symptomatique (23 essais, n = 7 863 participants), et des études observationnelles incluant des cohortes (15 études, n = 2 262 517 participants) et des études cas-témoins (34 études, n = 441 638 participants).
Le principal effet secondaire identifié du paracétamol était la perturbation du bilan hépatique (risque relatif [RR] 3,99, intervalle de confiance à 95% [IC95] 2,05 ; 7,77), suivi par la diarrhée (RR 2,14, IC95 1,35 ; 3,37). L’odds radio (OR) calculé à partir de 20 études cas-témoins (n=7894) pour les hémorragies digestives hautes était de 1,36 (IC95 1,13 ; 1,64), avec un effet dose, ce qui conforte l’idée que le paracétamol puisse être considéré comme un AINS faible. Dans les études de cohorte, le RR d’hémorragie digestive haute était de 1,1 (IC95 1,04 ; 1,18).
Une augmentation des événements cardio-vasculaires était observée en regroupant trois études de cohorte (n = 208 926) avec un RR à 1,35 (IC95 1,14 ; 1,59). Cet effet n’était pas observé dans les essais randomisés (n = 775) ni les études cas-témoins (n = 42 180), ce qui témoigne d’une part d’un nombre insuffisant de patients pour mettre en évidence cette toxicité du paracétamol, et d’autre part que les patients inclus dans ces essais sont sélectionnés et ne reflètent probablement pas les données de la « vraie vie ».
Enfin, il n’y avait pas de données suffisantes pour étudier la toxicité rénale du paracétamol, mais il était suggéré par les auteurs de ce travail qu’une association avec une diminution du débit de filtration glomérulaire était envisageable avec un effet-dose, donc surtout pour les doses plus fortes de paracétamol (> 3 g).
Cette étude apporte donc de nouveaux éléments sur la tolérance du paracétamol, qui ne se limite pas à la toxicité hépatique ni aux diarrhées, identifiées dans les essais randomisés donc à court terme. Les études observationnelles à plus long terme suggèrent, elles, que le paracétamol augmente le risque d’évènement cardiovasculaire et d’hémorragie digestive haute. Ceci pourrait remettre en cause la place du paracétamol en première ligne dans le traitement de l’arthrose, ce d’autant que les méta-analyses publiées jusqu’à présent indiquent que sa taille d’effet est faible, à la limite de la pertinence clinique.

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