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Biothérapies, pseudopolyarthrite rhizomélique et artérite à cellules géantes : état des lieux en 2018

Résumé
La pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) et l’artérite à cellules géantes (ACG) sont deux pathologies inflammatoires du sujet âgé dont la prise en charge médicamenteuse repose sur la corticothérapie qui est à proposer en première ligne. Il existe cependant des formes cortico-dépendantes ou résistantes et nombre de patients ne tolèrent pas ce traitement administré au long cours. Du fait d’une meilleure compréhension de la physio-
pathologie de ces pathologies, les traitements biologiques ont été testés dans ces deux affections. Les anti-TNFα donnent des résultats décevants dans la PPR et l’ACG et ne sont pas recommandés. L’abatacept a été évalué dans un essai randomisé dans l’ACG, montrant sa capacité à réduire le risque de rechute chez les patients en rémission. Les données concernant l’anti-IL-1 et l’agent anti-CD20 sont confidentielles et ne permettent pas de préjuger de l’intérêt de ces traitements dans la PPR ou l’ACG. En revanche, l’agent anti-IL-6 tocilizumab a connu un développement ces dernières années dans ces 2 indications. Il a fait l’objet de nombreuses séries traitées en ouvert dans la PPR avec des résultats encourageants. Un essai contrôlé est actuellement en cours dans la PPR. Deux essais randomisés ont rapporté son efficacité dans l’ACG, cet agent permettant d’obtenir la rémission et également de réduire la dose cumulée en corticoïdes. Sa place exacte, le moment de son initiation par rapport à la corticothérapie ainsi que la durée du traitement restent à préciser. Cet agent biologique constitue cependant une avancée importante dans la prise en charge de ces pathologies inflammatoires longtemps limitées à la seule corticothérapie. Nous entrons ainsi certainement dans l’ère des biothérapies pour la PPR et l’ACG.

Introduction

La pseudo-polyarthrite rhizomélique (PPR) et l’artérite à cellules géantes (ACG) (ou maladie de Horton selon la dénomination européenne et notamment francophone) sont deux pathologies touchant électivement le sujet âgé. Elles ont fait l’objet d’avancées dans le domaine des explorations, des critères de classification et de la compréhension physiopathologique, ce qui a abouti à des progrès sur le plan de leur prise en charge avec l’élaboration de nouvelles recommandations et l’arrivée de certaines nouveautés thérapeutiques. Parmi celles-ci figurent les biothérapies, traitements ciblés hautement efficaces dans diverses pathologies inflammatoires chroniques à médiation immune. L’objet de cette revue est de faire le point sur l’effet et la place de ces agents biologiques dans la prise en charge de la PPR et de l’ACG en 2018. Précisons d’emblée qu’aucune biothérapie ne dispose pour l’instant d’une autorisation d’utilisation dans ces deux indications.
La PPR est un rhumatisme inflammatoire s’exprimant sous forme d’un enraidissement douloureux des ceintures avec une sémiologie spécifique (1). Elle s’associe pratiquement constamment à un syndrome inflammatoire systémique. Les examens paracliniques se sont développés ces dernières années dans cette pathologie en démontrant l’intérêt de l’échographie articulaire, de l’IRM ou de la tomographie par émission de positons (TEP-TDM au FDG). L’échographie ainsi que l’IRM ont permis de préciser les structures anatomiques qui sont le siège du processus inflammatoire c’est-à-dire les bourses séreuses (réalisant des bursites), les structures synoviales et ténosynoviales (se traduisant par des ténosynovites et à un moindre degré par des synovites). Le TEP-TDM montre dans la PPR des foyers hypermétaboliques des régions articulaires concernées, mais également des structures vasculaires (axe aortique et carotidien), indiquant une participation de vascularite dans cette pathologie, et soulignant parallèlement le lien entre la PPR et l’ACG, association qui concerne 15 % des PPR (1). Différents systèmes de critères de classification de PPR ont été élaborés, les plus récents sont ceux du groupe de l’EULAR et de l’ACR, qui prennent en compte de façon non obligatoire les données de l’échographie articulaire (2).
L’ACG est une vascularite touchant les artères de gros et moyen calibres avec une prédilection pour les branches proximales de l’aorte (1). Sa sémiologie est typiquement en relation avec une atteinte des branches de la carotide avec une expression céphalique sous forme de céphalées, d’une claudication de la mâchoire, d’une sensibilité du scalp, d’une atteinte visuelle ou de l’arche aortique. Des manifestations systémiques générales sont également observées sous forme de fièvre, d’une altération de l’état général ou encore d’une PPR dans 50 % des cas. Ces manifestations cliniques sont associées à un syndrome inflammatoire franc. Les critères de classification de l’ACR sont anciens et n’ont pas été actualisés malgré des avancées dans le domaine des explorations qui comportent notamment l’écho-doppler artériel de l’artère temporale, l’IRM de l’artère temporale et l’angio-IRM artérielle ainsi que le TEP-TDM (3). Une biopsie de l’artère temporale reste cependant exigée pour le diagnostic d’ACG.

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