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JNR 2017 – Les effets de l’IL17 sur l’os inflammatoire

D’après la communication du Pr Pierre Miossec (Lyon)

Michel Bodin : La première communication de ces JNR 2017 a été présentée par le Pr Pierre Miossec, enseignant d’immunologie à Lyon, qui travaille depuis très longtemps sur les cytokines, au départ sur l’IL1, et depuis quelques années sur l’IL17. Quels sont les points forts de cet exposé ?

Roland Chapurlat : Il nous a indiscutablement permis d’apprécier l’importante évolution des connaissances sur ce sujet, et les conséquences pratiques de ces découvertes pour l’exercice de notre profession. Si l’on veut résumer cette présentation, on peut dire que l’IL17 est une molécule qui peut être considérée comme une sorte d’amplificateur : ce n’est certainement pas la plus puissante des cytokines pro-
inflammatoires, mais elle est indispensable pour l’action des autres cytokines et plus particulièrement le TNF-alpha. L’étude de la physiopathologie de celle-ci permet d’expliquer son action dans des pathologies aussi différentes que la polyarthrite rhumatoïde et les spondyloarthrites.
Dans la PR, l’IL17 par l’intermédiaire du TNF favorise la résorption osseuse, les érosions et même la perte osseuse systémique, en raison de la présence d’une protéine osseuse qui permet le lien entre les différentes cytokines. Cette protéine osseuse ne figure pas en cas de spondyloarthrite, et l’action de l’IL17 se traduit alors par un processus de formation osseuse plutôt que de destruction. Il existe d’ores et déjà des implications thérapeutiques, mais leur développement est aujourd’hui certainement plus difficile : on ne peut plus se contenter de comparaison versus placebo, comme lorsque l’on a étudié les anti-TNF-alpha ; il faut actuellement se positionner en fonction d’approches méthodologiques différentes et plus complexes. On peut cependant espérer que le développement des anti IL17 permettra d’induire un certain ralentissement des ossifications en matière de spondyloarthrites. Actuellement, l’emploi de ce type de produit n’est souvent envisagé qu’en seconde intention, mais il n’est pas exclu qu’il puisse apparaître plus rapidement dans l’arsenal des produits en première ligne. Il faudra toutefois certainement un peu plus de recul pour évaluer les effets positifs et délétères de cette nouvelle famille de biothérapies. 

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