l'expertise pratique en rhumatologie

Cette session a été l’occasion de souligner l’importance du rhumatologue dans le diagnostic positif et différentiel, et dans la prise en charge des infections ostéoarticulaires (IOA).
Ce dynamisme se traduit par la création il y a 2 ans au sein de la Société française de rhumatologie du groupe de travail sur les infections ostéoarticulaires avec pour objectif d’élaborer de nouvelles recommandations pour la prise en charge des arthrites septiques sur articulation native de l’adulte (présentées au prochain congrès de la SFR en décembre 2019) et de promouvoir une recherche collaborative dans le domaine. Ainsi, le groupe IOA a coordonné la mise en place de l’étude PEGASE (Sophie Godot, Hôpital Diaconesses, AP-HP), vaste enquête rétrospective nationale sur le diagnostic et la prise en charge des arthrites septiques (AS), qui a déjà permis d’inclure plus de 350 patients et dont des résultats partiels seront présentés au prochain congrès de la SFR. Une étude similaire sur les spondylodiscites infectieuses débutera l’année prochaine. D’autres études sur les IOA sont en cours et montrent le dynamisme des équipes de recherche françaises dans le domaine :
- l’étude SHASAR (PHRC multicentrique national) ayant pour objectif de montrer la non-infériorité d’une antibiothérapie courte de 3 semaines versus 6 semaines dans le traitement des AS sur articulation native (Raphaële Seror, Lelia Escaut, Hôpital Kremlin-Bicêtre, APHP).
- l’étude SPOND’IMMO (Géraldine Bart, Benoît Le Goff, CHU Nantes) : cohorte prospective de spondylodiscites infectieuses avec pour objectif de décrire les modalités d’immobilisation et les complications neurologiques (près de 230 patients inclus).

Quelle est la bactériologie des infections ostéoarticulaires ?

Les germes identifiés en cas d’arthrite septique (AS) se sont peu modifiés en fréquence.
- Staphylococcus aureus demeure l’agent pathogène majoritaire, le plus souvent sensible à la méthicilline (SAMS), suivi des streptocoques et des bacilles Gram négatif (1).
- Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), lié aux soins le plus souvent, représenterait 20 à 25 % de l’ensemble des Staphylococcus aureus et serait en augmentation (2).
- Les staphylocoques coagulase-négative (SCN) représentent de 2 à 8 % des AS et sont le plus souvent d’origine iatrogène (3).
- Le gonocoque reste rare (2 % des AS), mais semble être en augmentation (4, 5).
- Les AS tuberculeuses sont extrêmement rares sauf en Île-de-France et dans le Nord (3).
- Environ 20 % des arthrites considérées comme septiques n’ont pas de germe identifié. Malgré l’amélioration des techniques microbiologiques, ce chiffre reste stable (3). Elles touchent des sujets plus jeunes avec moins de comorbidités, mais l’évolution est comparable. Plusieurs explications à ces AS non documentées : antibiothérapie préalable, germe difficile à cultiver, autre diagnostic (6, 7).

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