L’évaluation osseuse au décours d’un cancer du sein : effets des traitements de l’ostéoporose

Introduction

Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers féminins et le premier motif de la mortalité prématurée, toutes causes confondues, des femmes avant 65 ans. Son incidence est croissante depuis 30 ans mais son pronostic s’améliore de façon constante depuis 20 ans (1) en raison des progrès du dépistage et surtout de l’amélioration des schémas thérapeutiques, soutenus par des essais thérapeutiques internationaux méthodologiquement très fiables.
Le cancer du sein est souvent associé à la présence d’une forte angoisse, d’arthralgies induites par les anti-aromatases et d’une ostéoporose en raison des thérapeutiques utilisées qui font largement appel aux anti-estrogènes. Les traitements de l’ostéoporose, en particulier les bisphosphonates, ont un effet démontré sur l’incidence des fractures mais aussi sur le pronostic du cancer du sein, en diminuant le risque de rechute métastatique et de décès. Ainsi et pour la première fois depuis 30 ans, les médecins et en particulier les rhumatologues sont confrontés à la possibilité de prescrire des bisphosphonates à des patientes indemnes de maladie osseuse (absence de métastases, absence d’ostéoporose caractérisée) pour un bénéfice important en termes de rechute et de survie.

Ce que le rhumatologue doit savoir sur le cancer du sein

Épidémiologie

Le cancer du sein, cancer le plus fréquent chez les femmes, touche une femme sur dix entre 40 ans et 90 ans. En 2018, 58 459 cas sont survenus en France, avec un spectaculaire doublement du nombre de cas entre 1980 et 2020, faisant parler d’une vraie épidémie. Il a été responsable de 12 146 décès en 2018. C’est la première cause de mortalité prématurée des femmes avant 65 ans avec, dans la tranche d’âge 35-65 ans, environ 3 500 à 4 000 décès chaque année (2).
Les causes du doublement de l’incidence des cancers du sein entre 1980 et 2020 ne sont pas complètement élucidées. Cette analyse des causes est difficile pour les chercheurs, car il est établi que de nombreux cancers surviennent vers 45/65 ans en raison de l’exposition à des facteurs de risque présents 30 années plus tôt, vers 30 ans voire au cours de l’adolescence. Les facteurs de risque fortement suspectés sont les suivants.
- L’âge plus précoce de la puberté avec une exposition totale aux estrogènes plus importante.
- Le défaut d’activité physique et un mode de vie plus sédentaire des populations occidentales.
- Une alimentation trop riche en calories, sucre et gras et trop pauvre en fruits et légumes.
- L’élévation de l’IMC moyen des populations occidentales.
- Le travail de nuit, de plus en plus fréquent depuis 30 ans.
- Le recul de l’âge de la naissance du premier enfant.
- L’utilisation large dans les années 1980 du THM.
- L’exposition de la population à des perturbateurs endocriniens (phtalates, pesticides…).
- L’exposition croissante à des agents mutagènes : benzène, toluène, chlorure de méthylène, hydrocarbures aromatiques, fumée de cigarette…

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